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Test de Battlestations Pacific

Par Fernando Torres - Edition du : 18 August 2009 - Créé le : 14 August 2009

La guerre du Pacifique entre arcade et stratégie


Edité en 2007 par Eidos, Battlestations : Midway avait surpris les joueurs de jeux vidéos en misant sur un gameplay innovant qui alliait action arcade et stratégie et qui n‘était au passage pas sans rappeler la série Brothers in Arms. Son successeur Battlestations : Pacific se propose de poursuivre et d’approfondir ce concept tout en rectifiant les défauts de son aîné.





Dès la première mission, le joueur se voit plongé dans l’enfer du Pacifique. Ou plus exactement à Pearl Harbor. Nous sommes le 7 décembre 1941 et l’aéronavale japonaise s’apprête à frapper la base américaine de Hawaï. Vous l’aurez compris, Battlestations : Pacific double sa durée de vie de manière audacieuse en proposant non seulement une campagne américaine mais également une campagne japonaise pour un total de vingt-huit missions (sans compter le mode escarmouche). Après un briefing de mission et des cinématiques qui visent à contextualiser la première mission de cette campagne japonaise, le joueur saisit rapidement les enjeux de Battlestations : Pacific. Il s’agit ici de mener à la bataille des unités aériennes et navales avec pour cadre le théâtre du Pacifique durant la Seconde Guerre Mondiale. Le gameplay est double et mêle action arcade lorsque vous êtes aux commandes d’un avion ou d’un navire et stratégie lorsqu’il s’agit de coordonner le comportement des différentes unités au sein d’une escadrille ou d’une flotte.





Comme son nom l’indique, Battlestations : Pacific ne se contente pas comme son prédécesseur de traiter uniquement la bataille de Midway mais emmène le joueur aux quatre coins du Pacifique au travers de missions variées, le joueur ayant tantôt à contrôler un avion, tantôt un navire, puis une escadrille, ensuite une flotte, etc.
Le jeu est par ailleurs facile à prendre en main et ne nécessite pas de passer des heures sur un tutorial (comme cela pouvait être le cas avec Battlestations : Midway). Des conseils sont en effet distillés progressivement au gré des missions qui deviennent de plus en plus complexes lorsque l’on progresse dans une campagne. Ainsi, si les premières missions ne proposent de contrôler qu’une poignée d’unités et demeurent très guidées, le joueur se retrouve bientôt à la tête de véritables armadas et dispose d’une grande liberté stratégique pour accomplir ses objectifs.
Battlestations : Pacific se démarque en outre par la richesse de l’armement qu’il propose. Le joueur pourra ainsi contrôler tout au long du jeu des dizaines d’unités différentes, dont certaines doivent être débloquées et peuvent être améliorées. De ce fait, chaque type d’unité a ses forces et ses faiblesses, ce qui confère un certain aspect tactique aux engagements. Ainsi, des torpilles seront par exemple plus à même d’endommager la coque de grands navires qu’une simple batterie de DCA. Il faudra jouer de ces subtilités tactiques pour mener à bien les missions du jeu qui consistent tantôt à escorter des bombardiers américains et affronter des hordes de chasseurs nippons, à bombarder des pétroliers de la marine impériale ou encore à couler des croiseurs américains.





De manière générale, le joueur doit diriger les mouvements des unités sous ses ordres via une carte stratégique et des commandes générales (« comportement agressif », « retour à la base » par exemple). Il peut par ailleurs prendre les commandes d’un chasseur qu’il aura chargé de reconnaître le terrain avant de prendre les commandes d’un bombardier arrivant avec la deuxième vague pour couler la flotte ennemie. Le changement de commandes se fait de manière très fluide grâce à une interface claire et fonctionnelle, ce qui permet d’être au cœur de l’action de manière ininterrompue. Le joueur peut également contrôler des défenses statiques comme des canons côtiers ou des canons de DCA.
L’intelligence artificielle demeure très correcte (contrairement à ce qu’elle pouvait être dans Battlestations : Midway) et suit de manière satisfaisante les directives données par le joueur. Le comportement des unités n’est par ailleurs pas si irréaliste, les bombardiers pouvant par exemple se révéler difficiles à redresser après un piqué approximatif. On est toutefois loin d’une simulation aérienne mais c’est l’objectif avoué du jeu ! Le déplacement des navires est fonction de leur armement et on ressent aisément le poids de l’artillerie navale lorsque l’on est aux commandes d’un cuirassé. Battlestations : Pacific semble ainsi avoir réussi à trouver un équilibre satisfaisant entre réalisme et gameplay. Un équilibre qui devrait en tout cas satisfaire la plupart des joueurs.





Du détail des vagues qui secouent l’océan au fuselage des avions, les graphismes de Battlestations : Pacific sont superbes (de jour comme de nuit !) ce qui accentue à l’évidence l’impression d’immersion, bien que l’ambiance sonore puisse révéler assez répétitive (les mêmes expressions revenant durant les affrontements et la distinction entre transmissions alliées et ennemies étant difficile à percevoir), les doublages étant par ailleurs de piètre qualité.
La scénarisation du jeu – entendez le jeu de cinématiques qui ponctue le briefing de chaque mission – laisse toutefois à désirer et semble souvent décalé et disproportionné par rapport à la mission. Mais malgré quelques imperfections, l’environnement audio-visuel du jeu est une vraie réussite !
Eidos a enfin misé sur un mode multijoueur beaucoup plus approfondi que dans Battlestations : Midway. Le jeu présente en effet cinq modes de jeux différents dont le plus intéressant, « capture d’îles » voit s’affronter deux équipes qui peuvent comprendre jusqu’à quatre joueurs et qui doivent conquérir autant de bases que possible. Les autres modes de jeux, « escorte », « siège », « compétition » et enfin « duel » (qui propose de prendre les commandes d’une seule unité) permettront d’allonger encore un peu plus la durée de vie de ce titre. Il est en outre toujours possible d’assigner à l’intelligence artificielle les commandes de certaines unités durant les parties multijoueurs.






Qualités :

- Un audacieux mélange entre arcade et stratégie
- Une durée de vie assez importante
- De très beaux graphismes
- Un mode multijoueur prenant

Défauts :

- Un mélange entre arcade et stratégique qui ne plaira toutefois pas à tout le monde !
- Une ambiance sonore parfois décevante

Configuration :

- Windows XP/Vista
- Processeur 3 GHz ou processeur simple coeur plus elevé
- 1 Go de RAM (XP) ou 2 Go de RAM (Vista)
- 8 Go d'espace libre sur le disque dur
- Carte vidéo 256 Mo avec Shader Model 3+ (GeForce 6800+/ATI Radeon X1800+)

Note globale :

7/10

Le titre séduira non seulement les joueurs de Battlestations : Midway qui y verront une suite réussie mais également tous les joueurs qui, fanas ou non de Seconde Guerre Mondiale, chercheront un jeu de guerre qui, sans être trop à cheval sur le réalisme, présente un minimum de gestion stratégique. Il pourra toutefois décevoir ceux qui attendent plus de rigueur d’un jeu de guerre (et qui se tourneront alors vers les séries IL-2 ou Silent Hunter par exemple). C’est en tout état de cause le format innovant de ce jeu qui mêle action arcade aux commandes d’un avion ou d’un navire et gestion stratégique à l’échelle de l’escadrille ou de la flotte qui le rend si particulier.
A quand un Battlestations permettant de contrôler des soldats d’infanterie ?