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Test de Company of Heroes

Voici venue l’heure du test de Company of Heroes, jeu qui a su récupéré de nombreuses récompenses lors des salons de jeu vidéo (E3 2005, …). Alors qu’en est-il vraiment ? Ce RTS de Relic mérite t-il tous ces « awards » ? En tout les cas, la première mission qu’il remplit est de mettre les jeux de guerre 39-45 à la porté des amateurs, pour peu qu’ils soient majeurs.


L’ambiance

En effet, il faut avoir plus de 18 ans pour pouvoir jouer à Company of Heroes (CoH pour les intimes). C’est du moins ce qui est indiqué sur la boîte. Ne vous attendez pas à voir disparaître les unités détruites, vous n’aurez pas non plus le temps de zoomer sur les pâquerettes des campagnes françaises. Non, CoH est bien un jeu de guerre, et pas n’importe laquelle, la plus meurtrière.
Ainsi, vos tympans seront bercés par le bruit sourd de l’artillerie lointaine et le son sournois d’une mitrailleuse dissimulée dans une tranchée fera monter votre taux d’adrénaline.
L’immersion sonore n’est pas la seule à être réussie. En plus d’entendre vos hommes hurler de souffrance, vous aurez le plaisir vicieux et sadique de les voir se tordre de douleur. Les escouades « hors d’état de nuire » persisteront à l’écran avec les membres qui leur restent. Les corps s’entasseront jusqu’au point où vous confondrez les vertes prairies en de sanglantes boucheries inhumaines.

Même les décors rappelleront à certains la campagne de nos grands parents. Rien à voir avec les champs d’agriculteurs de nos jours. La Normandie lors du débarquement 44 est décomposée en petites parcelles de terre séparées par des haies, parsemées de vieux tracteurs, de granges ou de petites cabanes au fond du jarding (spécial dédicace).

 

Combats

Vos soldats se mouvront dans cet univers hostile en baissant la tête, de peur de se la faire chiper par un sniper canaillou. Je ne sais pas si c’est pour leur remonter le moral, mais Relic a gardé avec fierté son concept d’escouades introduit dans Warhammer 40 000 Dawn of War. Ainsi, vos fusiliers, grenadiers, et autres parachutistes se déplaceront, au départ, par groupe. A moins que toute l’escouade soit décimée, les seules unités à ne pas avoir de compagnons d’armes sont les snipers et l’intégralité des véhicules.

Un autre principe de Relic est l’amélioration des unités. Il en est de même dans CoH puisque vous pouvez doter une escouade de vos soldats avec un lance-roquettes par exemple. Vous avez aussi la possibilité de déployer une pelle devant vos tanks pour déblayer le terrain, ou encore de renforcer l’armure de votre transporteur de troupes.

Les développeurs sont même allés plus loin puisque vous pouvez ramassez les armes sur le terrain. Par exemple, si votre sniper s’est appliqué à abattre une escouade de mitrailleurs, un de vos groupes pourra s’emparer de cette pièce maîtresse anti infanterie.
De la même façon, vos troupes ont la possibilité de prendre des pièces d’artilleries délaissées par leurs propriétaires.
Bien évidemment, si vous atomisez les soldats ennemis avec un raid aérien ou une formation de chars d’assaut, il ne faut pas vous étonnez qu’il n’y ait plus rien à ramasser une fois la poussière retombée.

Une autre notion de plus en plus importante dans les RTS est le moral. Dans CoH, son implémentation est légère, mais il faut la prendre en compte. Par exemple, si une de vos escouades tombe nez à nez avec un ennemi beaucoup plus fort, ils seront terrifiés par la peur, se plaqueront au sol littéralement paralysées. A ce stade, deux options s’offrent à vous. Soit les laisser là pour en faire de la chair à canon de diversion, soit cliquer sur le bouton « Retraite » auquel cas ils détaleront comme des lapins jusqu’au QG.

Maintenant, un des points novateurs de CoH est la « Couverture ». Comme je vous l’expliquais il y a un peu plus d’un mois dans la preview, absolument toutes vos unités ont un bouclier au dessus de la tête qui traduit leur couverture. Du vert qui signifie une protection excellente (soldat derrière un mur de sable) jusqu’au rouge vif (ingénieurs qui regardent les étoiles au milieu d’un champ). Ainsi, il est primordial d’y attacher une grande importance lors de vos déplacements. Réfléchissez avec soin où placez vos unités, sachant qu’un mur de sable peut très bien s’envoler en fumée, à l’instar d’une maison. Aucun obstacle n’est fiable à 100%, de même, vous pourrez bénéficier des cratères laissés par les plus grosses explosions pour offrir une couverture convenable à vos troupes perdues sur le champ de bataille.

Enfin sachez que vos soldats peuvent utiliser des armes qui coûtent un peu plus cher. Le sniper peut se camoufler et devenir invisible jusqu’à ce qu’il tire, vos ingénieurs, véritables bâtisseurs, sont capables de poser des explosifs, ou encore, vos fusiliers pourront envoyer des grenades

   

Ressources

L’utilisation de ces armes spéciales vous coûtera des ressources supplémentaires. Elles sont au nombre de trois :
- Le carburant. A privilégier si vous avez l’intention de faire un panzer blitzkrieg
- Les munitions. Vitales pour toutes attaques spéciales (grenades, explosifs, bombardements, …)
- La main d’œuvre, la base de tout !

Comment récupérer ces précieuses denrées ? De la même façon que dans le dernier RTS de Relic (W40K) : en capturant des points disséminés sur la carte. Envoyez vos troupes pour prendre possession des emplacements de main d’œuvre, de munitions et de carburants et y construire des avant-postes. Un quatrième type de points existe : ce sont les emplacements de victoire qui sont en nombre restreint. Si les conditions de victoire l’exigent, en détenir la majorité pendant un certain temps vous assurera la partie.

L’atout de ce genre de ressources illimitées est sans nul doute la prise de risques obligatoire. Cela oblige les joueurs défensifs (pour ne pas dire « tortue » ou « campeur ») à s’avancer sur la carte si ils veulent bénéficier de moyens supplémentaires. Inutile de vous dire que lorsqu’il n'y a que 3 sources de carburant sur la carte, les affrontements sont rudes.

Les ressources ne sont pas seulement utiles pour acheter des unités, mais aussi pour construire votre base et vos défenses (bunkers, mines, sacs de sable, barbelés, …). CoH étant plus orienté vers l’action que la construction de base, celle-ci est réduite au strict minimum : un QG et des bâtiments de production à construire autour. Vous pouvez établir plusieurs QG en capturant des bâtiments sur la carte (moulins, mairie, maison, …).
Enfin, les ressources vous permettent d’utiliser de puissants bonus.


Bonus

Durant une partie, chaque action affaiblissant l’ennemi augmente votre jauge d’expérience. En bref : plus vous massacrez d’ennemis, plus vous engrangez des points qui vous permettront de déployer des avantages. Attention néanmoins, chaque camp dispose de trois domaines distincts, s’engagez dans un en début de partie signifie que vous ne pourrez développer les bonus que de ce domaine précis. En partie en équipe, il vaut mieux donc se mettre d’accord pour développer un domaine chacun.

Alliés :
- Infanterie (améliorer la production des soldats, demander des tirs d’artillerie, appeler des rangers en renforts, …)
- Aviation (parachutage de soldats, de ressources, bombardements, …)
- Blindé (Réparation de blindés, renforts avec les tanks les plus puissants impossibles à construire autrement, …)

Axe :
- Défensif (fortifier le front, barrages d’artilleries, …)
- Blitzkrieg (bonus de production, renfort de troupes d’assaut, …)
- Terreur (Diminuer le moral adverse, augmenter le votre, attaques de missiles V1, …)

 

Invasion de la Normandie

Le mode solo est relativement court. Il y a un tutorial et une unique campagne de 15 missions. On ajoute à cela le célèbre mode escarmouche où seulement une quinzaine de cartes nous sont proposées. Heureusement, d’après ce que j’ai vu de l’interface, le jeu est fait pour accueillir d’autres campagnes, on pourrait donc avoir droit à autre chose que la Normandie dans l’avenir.
Toujours est-il que pour l’instant, cette campagne se termine en un peu moins d’une vingtaine d’heures et qu’elle est uniquement consacrée aux Alliés.
Notons tout de même que le mode simple joueur n’est pas monotone et que les missions sont diverses et variées. Ainsi les objectifs vont de tenir une colline pendant une certaine durée à détruire un complexe V2, en passant par la prise de contrôle d’un point stratégique en 60 minutes. De plus, chaque mission se déroule souvent en plusieurs actes, ajoutant des conditions nécessaires à la victoire. Des objectifs secondaires font également leurs apparitions afin d’obtenir des médailles de bons combattants : éliminer un certain nombre d’ennemis, libérer une escouade de rangers, neutraliser un canon, …. Tout ceci est parsemé de cinématiques et d’ordres de missions narrées sur fond de carte d’état major.

   

Multijoueurs

Company of Heroes n’est pas vraiment un jeu de stratégie, il s’agit plutôt d’un jeu d’action tactique. Un nombre restreint d’unités et un système de pierre-papier-ciseaux privilégient le côté « clic-clic ». Une fois que l’on connaît les contres et comment y accéder au plus vite, nul besoin de réfléchir. Ceux qui joueront le plus prendront l’ascendant sur les joueurs plus modérés inévitablement.
Bien que la plate-forme de jeu soit stable et bien pensée (système d’onglets), on ne peut que regretter l’absence de variétés dans les modes de jeu ainsi que le nombre limité de champs de bataille proposés (15).

 

Les Plus

  • Immersion totale dans l’ambiance
  • Action frénétique
  • Système de ressources qui motive le jeu plutôt que la passivité
  • Concepts intéressants (couverture, …)

Les Moins

  • Campagne trop courte
  • Pas assez de diversités en escarmouche
  • Multi limité

Configuration recommandée

3.0 Ghz Intel Pentium IV ou équivalent - 1 GB RAM - 256 MB NVIDIA GeForce 6800 series ou mieux

Les Notes de Jeux-Stratégie.com

Jouabilité14/20On peut regretter le zoom arrière pas assez large. La carte stratégique est utile mais coupe l'action du jeu. Très utile : le curseur montre la couverture d'un éventuel déplacement.
Graphismes19/20Beaucoup d'animations. Le jeu tourne correctement avec une carte graphique disposant seulement de 128Mo. Interface agréable.
Bande son13/20Bruitages réussis. Bande son sans plus...
Multi14/20Plate-forme correcte mais modes de jeu limités.
Solo12/20Varié et prenant mais beaucoup trop court !

Appréciation globale

Company of Heroes met à disponibilité du grand public l’univers 39-45 jusque là réservé aux connaisseurs du côté des RTS. On ne peut qu’inviter Relic à diffuser du contenu supplémentaire gratuitement afin de compléter un jeu dont l’immersion et la technique sont parfaitement réussies.