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Présentation d'Heroes Over Europe

Quand la guerre se joue dans le ciel !
 

 
Quatre ans après avoir édité Heroes of the Pacific chez Codemasters, le studio de développement australien Transmission Games nous invite avec Heroes over Europe (édité cette fois par Ubisoft) à prendre les commandes des plus célèbres avions alliés durant le second conflit mondial et à prendre ainsi part à la victoire contre l’Allemagne nazie.
 
 
Qui n’a pas rêvé d’être aviateur ? Ce fantasme est périodiquement ranimé chez les passionnés de Seconde guerre mondiale et de jeux vidéo. Il l’est aujourd’hui par les sorties quasi concomitantes d’IL2 Sturmovik : Birds of Prey et d’Heroes over Europe.
 
Après l’enfer du Pacifique en 2005, les australiens de Transmission Games nous plongent ainsi au cœur du théâtre européen. La simulation aérienne Heroes over Europe reprend les grandes lignes de son aîné Heroes of the Pacific en misant notamment sur un gameplay résolument arcade. Le joueur incarne successivement trois pilotes des forces aériennes alliées à travers une quinzaine de missions le menant aux quatre coins de l’Europe en guerre. Des Alpes à Paris, de Londres à Berlin, il s’agira avec Heroes over Europe d’accomplir les objectifs assignés à votre escadrille et de participer ainsi à la victoire alliée.
 

Résolument arcade
 

 
De fait, il apparaît dès les premiers tours d’hélice qu’Heroes Over Europe n’est que peu attaché à un pilotage réaliste et privilégie une jouabilité résolument arcade (le choix du niveau de difficulté novice, pilote ou as n’ayant à cet égard que peu d’influence). Le joueur peut diriger au clavier le manche de son appareil dans quatre directions et régler la vitesse déployée par le moteur. S’ensuit une joyeuse combinaison de cabrioles toujours plus loufoques qui viseront tantôt à éviter les tirs de mitrailleuse des avions ennemis, tantôt à trouver la position de tir idéale. Le pilotage ne présente dans Heroes over Europe ni risque de vrille ni ne nécessite de prendre en compte quelconque considération théorique. Tout se fait instinctivement, au gré des situations et sans lien aucun avec une entreprise de réalisme. Le joueur pourra ainsi réaliser une descente en piqué pour abattre un chasseur d’escorte à quelques mètres du sol puis redresser brutalement le manche et s’en prendre aux bombardiers avant que ceux-ci ne puissent atteindre leurs cibles. La barre de vie est assez importante et se recharge lentement. Il est en tout état de cause assez difficile de l’épuiser puisque les avions peuvent même se remettre de collisions.
A cet égard, Heroes over Europe ferait presque penser à un jeu de tir subjectif… dans les airs ! Sa jouabilité simpliste présente cependant l’avantage d’être facile à prendre en main malgré l’absence (néanmoins malvenue) de tutoriel ou de mode entraînement. Il permet de fait d’éluder l’aspect technique du pilotage pour se concentrer sur la partie a priori la plus amusante : descendre les ennemis. Comme dans un bon vieux shooter. On regrettera seulement l’absence de carte stratégique ou radar, les ennemis et objectifs étant simplement désignés par des triangles jaunes (certains avions allemands échappent toutefois à cette étiquette et sont ainsi difficiles à repérer).
 
 
D’intenses batailles aériennes ("dogfights") mettent en scène des dizaines d’avions et, les cinématiques aidant, participent à une théâtralisation des combats. Il appartiendra ainsi de défendre Buckingham Palace contre des hordes d’Heinkel-111 allemands ou encore de couler le Scharnhorst sous une pluie de tirs de mitrailleuses et de DCA. Il convient néanmoins de relativiser ici le rôle de vos ailiers puisque le joueur devra abattre de lui-même la plupart des avions ennemis. Tant qu’à faire dans l’anti-réalisme, autant laisser le joueur descendre tout seul toute la Luftwaffe !
 
 

Des batailles immersives
 

 
Malgré de criants défauts, Heroes over Europe parvient toutefois à immerger le joueur du fait de l’ambiance de ses batailles. Combattant des dizaines de bombardiers escortés par autant de chasseurs, le joueur aura sans doute par moments le sentiment de jouer à un équivalent aérien d’Empire Total War ! Les missions proposées sont en général assez longues (il est d’ailleurs très irritant de ne pas pouvoir sauvegarder ses parties et d’être lié par un système de points de passage). Le joueur incarne successivement un aviateur américain se prétendant canadien ayant été enrôlé dans la Royal Air Force (RAF), un Néo-Zélandais de la Royal New Zealand Air Force (RNZAF) et enfin un américain de l’United States of America Air Force (USAAF).
 
La campagne débute en juin 1940 dans les Alpes durant l’offensive allemande (la première mission ayant surtout pour rôle de présenter les fonctionnalités principales du jeu). Les missions prennent ensuite pour décor la bataille d’Angleterre avec tantôt la défense de points stratégiques (stations radar, aérodromes, port militaire, etc), tantôt du simple dogfight. Les dernières missions transportent le joueur en Europe occupée et en Allemagne où il devra participer à des raids de bombardement stratégique et tactique.
 
Les environnements visités durant la campagne sont de fait assez variés et visent à donner à celle-ci une certaine dynamique (avec une réussite relative), notamment par le biais de classiques cut-scenes précédant les briefings de missions durant lesquelles un narrateur décrit l’évolution psychologique des personnages. Celles-ci se présentent dans Heroes over Europe sous le format de vignettes de bande dessinée. Bien qu’attrayantes dans un premier temps, elles apparaissent néanmoins rapidement superflues et en fin de compte assez lourdes car peu originales (les mêmes stéréotypes sur la psychologie du soldat en guerre étant employés comme dans de si nombreux autres jeux vidéo).
 
 

Un jeu néanmoins pauvre en innovations
 

 
Le joueur pourra piloter au gré des missions une demi-douzaine d’avions au rang desquels se trouvent notamment les chasseurs Hurricane Mk. I, Spitfire Mk. Ia et Thunderbolt P-47B, ou encore les bombardiers Swordfish Mk. II et Mosquito NF Mk. V S2. Chaque avion possède des caractéristiques propres (armes, vitesse, maniement et blindage) et il appartiendra de choisir soigneusement son cheval de course lorsque celui-ci n’est pas imposé. Certaines missions requièrent en effet l’emploi d’un appareil déterminé. Il appartiendra de fait couler les navires allemands Gneisenau et Scharnhorst avec un bombardier Swordfish Mk. II, de défendre Londres avec un Spitfire Mk. Ia ou encore de bombarder Berlin avec un Mosquito NF Mk. V S2.
 
Les objectifs assignés en cours de mission apparaissent par ailleurs plutôt variés puisqu’il s’agira avec Heroes over Europe d’abattre des cibles au sol (tactiques ou stratégiques), de protéger des navires alliés contre les bombardiers ennemis (et leur escorte !) ou au contraire de couler des navires ennemis ou encore de mettre en échec un raid de bombardiers ennemis ou à l’inverse d’escorter un raid allié. Malheureusement, les missions tournent bien souvent à un dogfight simpliste où le seul réel objectif est de descendre tous les avions ennemis.
 
Le joueur sera en revanche satisfait de la qualité artistique du jeu qui propose un environnement visuel et auditif (les doublages français sont très bien réalisés, ce qui doit être souligné) de qualité. Outre ce saut technique, Heroes over Europe ressemble néanmoins beaucoup à Heroes of the Pacific. La seule innovation notable en termes de jouabilité est l’introduction des Victoires d’As. Celles-ci permettent, lorsque le joueur s’est placé suffisamment près d’un avion ennemi, d’activer un mode ralenti permettant de viser plus précisément et d’abattre ainsi en théorie l’adversaire en un seul tir de mitrailleuse. En théorie seulement car en réalité, ce système de Victoires d’As relève plus du gadget et s’avère plus complexe mais pas nécessairement plus efficace que les tirs en visée classique.
 

 
En ce qui concerne l’intelligence artificielle, celle-ci demeure correcte sans néanmoins être éblouissante. Les niveaux de difficulté permettent de régler son agressivité, la difficulté augmentant également de manière progressive au cours de la campagne. Les seuls réels challenges demeureront cependant les rares affrontements avec les as allemands.
 
Le mode multijoueurs se montre pour sa part très décevant et ne parvient pas à rallonger la durée de vie du titre. Pouvant accueillir jusqu’à 16 joueurs autour de modes de jeux classiques (dogfight, team dogfight, survivor et team survivor), il met surtout en lumière et accentue les défauts de jouabilité de la campagne solo, les affrontements étant la plupart du temps décousus et très confus. Il ne propose en outre que peu d’options.
 
 
 

Conclusion

 
Heroes over Europe saura plaire aux joueurs qui recherchent un plaisir arcade ne nécessitant pas un long apprentissage. Il permettra de se détendre quelques heures à la manière d’un jeu de tir subjectif. Pour une expérience plus raffinée et plus réaliste, le joueur expérimenté devra néanmoins se tourner vers IL2 Sturmovik : Birds of Prey, la franchise IL2 demeurant la référence en la matière.
 
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Qualités :

 
- Heroes over Europe détend et amuse tout autant qu’un jeu de tir subjectif
- Les missions proposées sont assez longues et les décors plutôt variés
- Un environnement visuel plaisant et des batailles qui peuvent s’avérer très immersives
 
 

Défauts :

 

- Une difficulté assez mal dosée
- Le gameplay ne présente que peu d’originalités, mis à part le primât qu’il donne à l’arcade
- Le mode multijoueurs ne parvient pas à rallonger la durée de vie du titre
 
 

Configuration conseillée :

  

- Système d’exploitation Windows XP ou Vista
- Processeur Intel Core 2 6400 ou AMD Athlon X2 4400+ Dual Core
- Mémoire vive de 2 Go (4 Go avec Vista)
- Carte graphique Nvidia GTX 8800 ou supérieure
- Carte son compatible DirectX 9.0c
- 9 Go d’espace sur le disque dur