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Preview générale de R.U.S.E.

Par FFR.Tarask - Edition du : 02 September 2010 - Créé le : 09 June 2010

 
Lors de sa première présentation en mars 2009, RUSE avait intrigué un petit bout de communauté et inquiété un autre. La dernière production du studio Eugen System (série des Act of War) a de quoi dérouter l’habitué de STR. Le jeu reprend peut-être les grandes lignes de ce genre de jeux, mais il en casse d’autres à tel point que certains joueurs ne lui ont offert qu’un bref coup d’œil.
Après s’être offert aux joueurs deux fois par l’intermédiaire de bêta-test (une privée et une publique), 39-45 Stratégie revient sur un jeu qui pourrait bien jouer les rôles d’outsider cette année !
 
 

 
Vision Panoramique

 
Mais d’abord, petit rappel de ce qu’est RUSE.
Ce jeu prend place dans notre période 1939 à 1945 en Europe et Afrique du Nord. Il met en scène des combats à grande échelle sur des cartes de plusieurs kilomètres. Le moteur graphique de RUSE (Iriszoom) permet de zoomer au plus prêt de l’action ou au contraire, comme dans un Supreme Commander, à prendre une position reculée afin de voir tout le champ de bataille. Les unités deviennent alors des jetons à déplacer dans l’environnement. Vous aurez à votre disposition, en plus d’une base et d’unités allant du fantassin au bombardier en passant par les blindés, des « ruses ».
Ces « ruses » sont des pouvoirs affectant le cours de la bataille dans une zone délimitée sur la carte. Ces pouvoirs apportent la possibilité incroyable de bluffer l’adversaire. Unités en carton, terreur, espion, filets de camouflage… Un fin stratège pourra vaincre alors un adversaire avec moins d’unités, et ce facilement.

 

 
Un hérétique ?

 
C’est la question que l’on peut se poser. Est-ce à cause de la gestion d’une base ?
Même si une fraction de joueurs s’amusent à crier au scandale sur ce point, rappelons tout-de-même que certains poids lourds encore aujourd’hui et demain (Supreme Commander 2, Starcraft 2, etc…) utilisent toujours ce système de gestion. C’est même un des fondements du jeu. La base et la gestion des ressources est souvent ce qui fera la différence sur des parties longues. La possibilité de capturer les bâtiments adversaires avec n’importe quelle unité d’infanterie apporte beaucoup. Une fois capturés, les bâtiments ennemis vous permettront de produire des renforts depuis ce nouveau bâtiment. Vous gagnerez alors une tête de pont à moindre coût.
 
 
Non, gardons le meilleur pour la fin. L’un des changements majeurs de RUSE fait partie de ses forces ET de ses faiblesses. Tout dépend de votre point de vue : l’absence de micro gestion des unités. Et non, pas de pose de mine, de lancé de grenades ou de tranchée pour vos bons hommes. Pas de p’tit gars qui sors de son tank pour jeter un coup d’œil dehors, pas d’ordre de cessez-le-feu… Ce jeu enlève l’aspect purement tactique du titre pour renforcer une vision stratégique tirant sur les échecs. Le Tank Destroyer (chasseur de char blindé) détruit le tank, qui détruit l’artillerie, qui détruit l’infanterie qui détruit le Tank Destroyer. Une sorte de « JanKenPon » / « Chifoumi » / « Pierre, Feuille, Ciseaux, (Lézard, Spock) ». Il faut savoir utiliser la bonne unité, au bon endroit, au bon moment. Celui qui mettra en place la meilleur stratégie l’emportera et non celui qui cliquera le plus vite. Tout est question de point de vue.

 
 
Et donc, le meilleur pour la fin, la disparition du fameux Fog of War (Brouillard de Guerre).
 
Hérétique ! Sorcière ! Mangeur d’enfants !
 
Je vous entends déjà venir. Mais… est-ce un mal ? Le brouillard de guerre est-il justifié ici ? Et bien non ! La véritable nouveauté de RUSE et de supprimer le brouillard de guerre et le remplacer par une « vision radar » que des unités avec un rôle d’éclaireur devront vérifier pour permettre à certaines unités de faire feu (tank, chasseur-bombardier…). Vous voyez ce que votre ennemi vous laisse voir et vous montrez ce que vous laisser voir vous-même. Vous verrez donc tout bâtiment ou « jeton d’unité » qui ne se trouvera pas sous l’effet d’une ruse adéquate ou dans une forêt/centre ville. Tout est dans l’utilisation des fameuses « ruses ». Grâce à un filet de camouflage, vous masquez vos bâtiments dans une zone pendant un temps limité. Votre adversaire ne verra pas l’évolution de votre base, mais lui, vous laissera-t-il voir la sienne ? Vous construisez une usine de blindés aux portes de la base adverse et l’avez camouflé avec un filet de camouflage, mais comment sortir les blindés sans être repéré ? En utilisant le silence radio ! A chaque fois que vous envoyez des blindés sur la base de votre adversaire, quel que soit l’endroit, il utilise des chasseurs de chars pour vous tuer ! Utilisez alors une ruse pour faire passer votre infanterie pour des blindés (et vice-versa) et chargez les anti-tanks de front ! Les variantes stratégiques sont nombreuses. Mais le pouvoir des ruses est limité en temps, en nombre et surtout... en pouvoir.
 
 
 

Variété, Jouabilité, Rivalité, Choc de l’année ?

 
 
Le jeu propose 6 factions, toutes variées en unités et stratégies propre. La grande "US Army", maîtresse de la production en série. L’armée du 3ème Reich avec ses terribles blindés. L’armée royale d’Angleterre et sa Royal Air Force. L’URSS à l’infanterie nombreuse. L’Italie, légère et rapide. La France et son blindage hors norme. Je vois déjà certains dans le fond qui n’ont pas suivi se demander pourquoi Français et Italiens partagent l’affiche avec 4 « monstres sacrés » de la Seconde Guerre Mondiale sans la présence du Japon. Si vous aviez bien suivi cette preview, le jeu se déroule en Europe et en Afrique du Nord ! Non, pas de Japon donc. Mais plus tard peut être ?

 
La variété d’unités disponible, quelle que soit la faction (même si certaines sont mieux fournies que d’autres en nombre), joue beaucoup en faveur de RUSE. Chaque unité est utile (même si les mauvaises langues vous diront que les chars léger/moyen sont inutiles). Les unités plus légères ou moyennes sont souvent rapides et peuvent complètement contourner une défense et prendre par surprise l’arrière d’une base mal protégée pendant que les blindés lourds occupent le front principal.
L’infanterie peut capturer les bâtiments et tendre des embuscades dévastatrices dans les villes et forêts à toutes les unités passant à portée. 2 unités de parachutistes peuvent facilement occuper un point de passage et bloquer l'avancée d’une colonne de blindés mal préparés à l’assaut. Les bombardiers et artilleries sont dévastateurs contre les masses de fantassins, les bâtiments exposés, etc…

 
L’absence du micro-gestion et surtout la présence d’une interface fluide, permet au jeu d’obtenir une jouabilité qui surprend. Jouable à la manette (pour cause de sortie multi-plateforme), même les joueurs habitués à leurs souris et clavier depuis Dune 2 seraient surpris de la qualité du gameplay. Malgré tout, cette interface requiert un petit temps d’adaptation afin d’être parfaitement maitrisé malgré sa légèreté apparente. Le fait de devoir zoomer/dézoomer de façon quasi permanente lorsque le nombre de fronts se multiplie et que l’adversaire tente de déborder par tous les cotés n'est parfois pas simple à gérer, d’autant que le jeu en écran multiple ne sera pas possible. Un mal pour un bien d’un coté, afin d’éviter certains joueurs plus fortunés ou équipé de profiter d’une visibilité meilleure que celle de leurs adversaires, et donc de ne pas être surpris par leurs bluffs. Pour information, RUSE sera tout-de-même l'un des premiers jeux à utiliser la fonction Multitouch des écrans (fonction tactile) pour jouer !

 
 
C’est donc ces petites choses qui font RUSE, et dont les joueurs débattent. Hérésie ou véritable coup de génie, certains partis-pris des développeurs sont nets. Les joueurs habitués aux STR parfois plus classiques se sont donc retrouvés face à certains problèmes et ceux qui n’auront pas tenté de franchir un cap d’une dizaine de parties n’ont pas réellement vu un minimum les possibilités qui sont offertes par le titre.
Au début, lors de la bêta, une technique était considérée par beaucoup de jeunes joueurs (et est même parfois encore considéré) comme trop puissante : le terrifiant para-rush. L’objectif de l’attaquant était simple : construire un aéroport, produire uniquement des parachutistes et les lâcher sur le QG adverse. Le résultat arriva alors vite, défaite éclair, appel au secours sur les forums, etc… Mais il suffit de pratiquer cette technique à son tour pour découvrir des adversaires qui joueront de manière si défensive, que l’attaque échouera et que la mort viendra de l’artillerie. L’artillerie devient alors  « trop puissante » aux yeux de ces mêmes joueurs, puis ce sont le tour des blindés, puis des anti-blindés, puis… puis plus rien, le jeu se dévoile enfin aux yeux de ces anciens néophytes.

 
RUSE est-t-il donc trop élitiste pour s’imposer ? Un joueur, même débutant, peux facilement progresser aux contacts d’autres joueurs si il possède la patience suffisante. Lors des différentes bêta, le jeu était centré sur le multijoueurs, seulement un adversaire IA était disponible en mode facile, jouant les USA et sur une seule carte. Autant dire que les nouveaux joueurs n’ont pas pris le temps de faire 10 parties solo avant de se lancer, et le mode online n’est pas composé d’enfants de cœur !
Gageons que dans sa version finale, la campagne solo et les autres modes hors multijoueurs permettent à ceux qui n’ont pas pu découvrir RUSE dans les bonnes conditions de se repêcher.

 
 
The game… is over

 
Que dire en résumé de RUSE ? Qu’il y aura toujours ceux qui aimeront et ceux qui n’aimeront pas. Le jeu à ses points positifs et négatifs, et c’est à vous de savoir s'il est fait pour vous. En tout cas, l’avis des deux premières bêta de 39-45 Stratégie est bon, et même... très bon ! Pour ceux qui en ont marre des Starcraft et de ces folles courses aux clics mais qui veulent de la stratégie de la vraie, alors RUSE s’impose comme un indispensable dans votre ludothèque ! Pour les autres, Starcraft 2 sort bientôt et vous l’avez sûrement déjà précommandé.
 
Nous attendons tout de même avec impatience de voir les promesses d’Eugen System pour la version finale en ce qui concerne l’équilibrage des unités et surtout le mode solo. En particulier le mode Challenge proposant des cartes avec des objectifs spéciaux, proposant des défis stratégiques au joueur, en solo et coopération. Un suivi du jeu afin de maintenir le multijoueurs équilibré et compétitif nous est aussi annoncé. Mais pour réellement obtenir des réponses, il faudra attendre l’E3 ou la sortie du jeu.
 
 
39-45 Stratégie suivra de près ce petit nouveau dans la cour des jeux 39-45 et vous proposera des guides stratégiques et des petites surprises communautaires avant et après la sortie. Restez en ligne !
 
 


Groupe 39-45 Stratégie sur Steam
 
Notre galerie d'images exhaustive
 
Fiche de jeu RUSE
 
Notre article du Festival du jeu vidéo 2009